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PLAYTEST 0.0.1
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Il était autrefois, dans un royaume lointain.. À l'Oriflamme d'aurore, d'horreur affalé par l'Infâme, Raz-de-marée archéen, l'encre ancrée vague à l'âme, Hélas ici Sang-substance, saigne scellée au sein des maux, Déferle le Démon par la rafale, farandole affamée du fléau. Dans une région reculée, peut-être un modeste village, Un Héraut pince-sans-rire, au sempiternel héroïsme, Stoïque à l'intellect pubertaire, métis éternel égoïste, Somptueuse étoffe aigue-marine, vêtit de fils au point d'épine, Rapière rouillée indélébile, tâche orichalque, pointe aubépine. S'avançant sous les cimes, en quête de providence, Mélodie invisible, en échos égarés, Concert lugubre des récits oubliés, Peuple du passé, culte de l'absence, Promesse à présent à qui rompt le silence. Aussitôt se murmure dans la mélopée de minuit. "Héraut, souviens-toi et prends garde, Ici vit la Bête, l'origine de l'Infâme." Car dans cette forêt, il y avait, paraît-elle, Derrière le dédale végétal, une fable ancestrale, Aux racines abyssales, cette Suzeraine sans égal, Prédatrice impériale, reine du règne animal. Vaniteuse, la voix s'élève et susurre de plus belle. "Au long du Sentier, sinue, sillonne avec méfiance, Arsenal, acier de syllabes, sabre et lance en sibilance." Vulgaire, le Héraut proteste avec défiance. "Duelliste lyriciste à la verve viscérale, J'avoine, je latte, je lutte, j'écrase en littéraire au littéral, Certes pour l'Infâme, seul suffira le fourreau de mon âme." Sans délai, se fracture l'écorce, se fissure la pierre, La Bête s'étend et se dresse sans frontières. "Délice, est-ce déjà l'heure du déjeuner ? Désir d'un hors-d'œuvre de désastre, de déluge ou déclin, Féroce émissaire en dessert, désespoir en dessein." Sitôt parade la rapière en réplique rhétorique, l'escrime rime-riposte. "Qui sème le chaos récolte la colère, de chrysalide à chrysanthème, Brûle ! Brûle ! Flamboie obscurément, enflamme en l'ombre ébène ! Friand, fou-féru de friandises stylistiques, langue aiguisée en logogriphes, Amuse-gueule presque escogriffe : Plume plus acérée que tes griffes." Véhément, l'Infâme lâche un rire, râle et chavire, hurle et déchire. "Pitié, épargne-moi, pathétique prétexte pour un Héros, Après un périple pénible, prêt à périr pour quelques mots, Puéril peinture d'un paradis, papillon, partage et pain d'épice, Où le temps perdure, paisible, purgé, exempt de tout supplice." Affligé de phrases, façonnées de métaphores, Absinthe sonore, fond d'amphore en anaphore. "Démon de rien ! Des monts sans dessus, des mots sans dessous ! Blabla-babillage, à bruire de bruit-bouches et bourbon de boue, Jusqu'à ce que l'enfer givre, et fonde la glace avant qu'on me résigne, Achèvement d'un baroud d'honneur, qui défiera ton chant du cygne, Je m'adresse à vos démences insensibles, À vos échecs silencieux, À vos victoires sans honneur, À celui-ci, spectral et spectateur, À celle-ci, empreinte de notre lueur, À cette suite de faveurs syntaxiques, J'accuse d'un tourment infâme, Je dédie ma plus insatiable terreur." Frappé de plein fouet par le pouvoir perçant de ses paroles, S'enchevêtre le cœur de la Bête, qui s'effondre mais fanfaronne. "Jadis, j'éventrais pour m'emplir la panse, et désormais, Seule au sommet de la création, du haut de mes vieux sabots, Ma Faim ne s'apaise plus par la chair et par les os. Ma Faim empoisonne l'eau, ravage la terre, étouffe le ciel, Ma Faim est laideur, conflits, tristesse et tragédie, Ma Faim est amour, excellent calembour, plaisir au crépuscule du désir, Ma Faim est toute chose belle, mais non toutes pour toujours, Ma Faim révèle bien des chemins et donne à l'eau le goût du vin, Ma Faim est là où que tu ailles, chaque sourire et chaque larme, Parfaite quantité d'Infâme." Au lendemain du Fauve affamé, toutes ses plumes tombées du fiel, Alors qu'au loin sous l'affluence, se verse l'océan, s'essouffle le soleil, Où la vallée gronde, où le vent souffle, où la brume se lève, Où la forêt s'embrase et la rivière rêve. Le Troubadour vis un monde oublié, où même l'herbe renonce à croître, Sur ce désert de chair, sous l'ultime éperon de pierre, S'étendait l'horizon en vastes artères, sombre-sang sans matière. "Je languis du fruit de la terre, je brûle d'eau qui désaltère, Je marchai, longtemps, et j'entendais à travers les champs, Comme d'innombrables cordes instruments, Et l'harmonie de leurs hurlements, en mille milliers de chants, Me fit m'enfuir, non vers le salut, mais vers le vacarme rieur, Très tôt je chus, et dans ma chute, ma voix s'est jointe au Chœur, Et du Cœur, mon vice versa, de l'intérieur vers l'extérieur, Toujours affamé, toujours assoiffé, et qui jamais ne meurt." À l'encre et le sang versé, les cendres et la sève, Gésissant enlacés au linceul, un ersatz de rêve, Poussière déposée sur nos yeux grands ouverts, Mes plumes vêtues par le lierre, en paire, en repère. À terme, alors que trahissaient une à une les lumières, À mesure qu'enfin les dernières lueurs se consumèrent, Tout devenait à nouveau silencieux, Un tel silence, alors jamais connu.
Väinä | Prologue

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